( 30 mars, 2010 )

SHUTTER ISLAND (2010)

shutterisland.jpgSi vous rêvez de passer un moment de cinéma devant des jolies plages et des paysages flamboyants, de voir une histoire  mise en scène de façon épileptique, dont le scénario tient sur le tranche d’un ticket de métro et servie par un acteur lisse, sans profondeur, et bien… passez votre chemin, fuyez tant qu’il est encore temps !!!
Par contre, si vous être prêts à embarquer à bord d’un ferry pour rejoindre une île peu accueillante et vivre un huis clos sombre et oppressant sur ce cailloux qui semble perdu au milieu de nulle part, vous allez être servis !!
Cette adaptation roman de Denis Lehanne est remarquable (j’avoue ne pas l’avoir lu, mais j’en ai bougrement envie maintenant !!). Le duo Scorcese-Dicaprio livre une partition à couper le souffle. Qu’il semble loin le « Jack » de « Titanic ». La première scène nous montre d’ailleurs Dicaprio victime d’un mal de mer et vomir (une façon de d’expurger ce fardeau ?). Il ne cesse de se bonifier le gaillard !!
Raconter l’histoire serait une hérésie, elle est complexe et surtout culmine sur un final retentissant. 

( 30 mars, 2010 )

Chouette, une Ride ! – Agnès Abécassis (2009)

chouetteunerideabk61.jpgBien que le personnage principal ne soit pas la fameuse Deborah des deux premiers romans d’Agnès Abécassis, ce « Chouette, une Ride » s’inscrit dans la droite lignée et pourrait quasiment en être la suite.
La nouvelle héroïne s’appelle Anouchka (presque Agnès !)  Davidson et écrit des romans… d’épouvante ! Difficile
donc de ne pas imaginer qu’une bonne partie du roman ne s’inspire pas de la vie de l’auteur. Il y a notamment un passage sur les salons littéraires qui fleure bon le vécu !! On s’y croirait !
« Chouette, une Ride » nous invite donc dans le monde d’un écrivain, partagé entre son travail et son quotidien rythmé par les promenades d’un chien cousin de Ran Tan Plan, ses deux gnomes issu d’un premier mariage  et son mari. Le premier chapitre devrait d’ailleurs rappeler pas mal de choses à toutes les mères de famille. Nous suivons, pas à pas, de 6h00 jusqu’à 8h40 les étapes d’un début de journée « classique façon « 24 heures Chrono » !!
Dans la première moitié du livre, Agnès nous propose des extraits du livre que son héroïne est en train d’écrire (corrections comprises !), des échanges de mails, des tranches de vie comme l’étape chez le coiffeur qui tourne au cauchemar, le déjeuner avec l’éditrice… et l’apparition de la première ride !!! Cette dernière est l’étincelle qui provoque tout ce qui va se passer dans la seconde moitié :
un mariage et une randonnée forcée en forêt ! Pour les fans de la première heure, il y a même une soirée pyjama, assez particulière…

On pourra toujours me dire que les romans d’Agnès sont pour les filles, je répondrai, dans un premier temps, que je m’en tamponne le coquillard de ce type d’avis ! Mais comme je suis poli, j’ajouterai que c’est toujours un réel bonheur de voir surgir au fil des paragraphes, des références, des situations qui me « parlent ». Enfin et surtout, je suis ultra fan de ce style d’écriture qui serait sans doute assez proche du mien (avec un peu plus de testostérone quand même) si je me décidais enfin à franchir sérieusement le pas…

Et puis, messieurs, en lisant les livres d’Agnès, on en apprend beaucoup sur le mode de fonctionnement de nos moitiés… et donc sur nous même ! A méditer !

( 25 mars, 2010 )

Obispo – Captain Samourai Flower Tour – Galaxie Amnéville (20/03/10)

obispocsftourjpg.jpgSi on m’avait dit, il y a encore quelques mois, que j’irais voir Pascal Obispo en concert, je ne l’aurais pas trop cru !! Le plus extraordinaire dans l’histoire, c’est que j’ai adoré !!!
Mais reprenons tout
depuis le début. En ce samedi pluvieux, c’est un Galaxie en configuration réduite (pas très nombreux ceux qui peuvent se vanter de blinder la salle de 12 000 personnes !), mais avec néanmoins une forte affluence qui accueille cette escale lorraine du CFS tour. La scène est cachée par un immense rideau flanqué du logo du Capitaine Samouraï Flower. L’avant scène est quant à elle occupée par un piano.
Vers 20h35, la première partie débute : elle est assurée par un certain… Pascal Obispo !  Pendant une bonne demie heure, il va proposer 5 titres de son répertoire ou interprétés initialement par d’autres, en version piano/voix (« Chanter
» – « Les Fleurs du Bien » – « Millésime » – « Tu trouveras » – « L’envie d’aimer »). Je découvre alors un artiste très proche de son public, très drôle (marrant cet intermède durant lequel il s’étonne du nombre de gars présents à ce concert, « sans doute parce que ce sont eux qui ont la bagnole !!). Rarement vu une première partie aussi acclamée !!
Après un entracte d’une vingtaine de minutes, place au fameux Capitaine Samouraï Flower ! Le rideau tombe, un écran géant couvre tout l’arrière scène. L’intervention à la tribune des Nations Unies en 1992, de Severn Suzuki, jeune canadienne de 12 ans,  est diffusée dans son intégralité. Quoi de mieux pour introduire le concept développé par Obispo dans son dernier album. Ce dernier sera joué dans son intégralité et prend une vraie dimension sur scène. Tous les  nouveaux titres sont illustrés par des images sublimes projetées sur l’écran. Tous les instruments sont a
udibles, sans empiéter les uns sur les autres. Pour cette tournée, Obispo s’est entouré d’une formation Pop-Rock classique (basse, batterie, clavier, deux guitares) portant costumes et maquillage (une armée Ecolo – Glam en quelque sorte) mais également d’un quatuor de cordes (sympa également les costumes !!). Le son est d’une clarté incroyable.
Obispo n’oublie pas pour autant de reprendre quelques uns de ses classiques, réarrangés par son guitariste et directeur artistique, Michel Aymé (« Personne », « l’Ile aux Oiseaux », « Mourir Demain », « Sa raison d’Etre »…), de faire un petit medley de chansons écrites et composées pou
r d’autres (« Zen » -  « Ma liberté de Penser » – « Allumer le Feu ») et de proposer deux reprises. Vers la fin du show il a eu « Feel » de Robbie Williams : pas un maigre exploit de me faire apprécier un titre de ce dernier !!! Mais il y avait surtout eu au début, « Paradis Blanc » dont le final n’était ni plus ni moins que « Kashmir » de Led Zeppelin ! Rien que ça ! Le final est constitué par l’hymne fédérateur du dernier opus (« Le Drapeau ») suivi du très beau et émouvant  « Si je devais manquer de ta Peau ».
Pour les rappels, exit les costumes. Le groupe interprète d’abord « 1980 », puis, surtout, « Fan » : un titre qui semble écrit pour moi !!! Déjà le dernier titre, un nouvelle version de « Lucie » qu’il ne voulait plus jouer avant que Michel Aymé ne lui propose cet arrangement. Plus de piano, juste des cordes.
Avec la première partie, ce sont presque 3 heures qui se sont écoulées ! J’ai tout simplement assisté à un excelle
nt concert. Obispo est un showman, un vrai. Et quel chanteur. Live, sa voix est absolument bluffante. Il reste de plus très humain, prend le temps de discuter avec son public, de plaisanter. Et quand il déclare que cette date était la meilleure de la tournée, il insiste tellement pour prouver qu’il ne s’agit pas d’un discours formaté, balancé à chaque date, qu’on veut bien le croire !!
Inutile de dire, que je suis partant pour les prochaines tournées !

Si j’existe, c’est d’être fan
Si j’existe, ma vie, c’est d’être fan
Sans répit, jour et nuit…

( 15 mars, 2010 )

Saint-Tin au Gibet – Gordon Zola (2009)

sainttinaugibet.gif Comme pour tous les romans que je lis, j’aurais pu faire une traditionnelle chronique avec résumé et commentaires, en essayant dans le cas présent d’être drôle. Mais je suis sûr  d’être en dessous du maître (comme dirait Passe – Partout !!). De plus, après avoir revu Gordon au Salon du Livre de Paris, j’ai plus envie de pousser un nouveau coup de gueule contre la société Moulinsart qui fait preuve d’un acharnement sans nom, aidée en cela par la justice !!! Quel courage de s’attaquer à notre Léopard préféré. La parodie serait donc un crime dans notre pays… Plus qu’un long discours, je vous livre ici la reproduction de la lettre envoyée au Ministre de la Culture.

Lettre de Gordon Zola à l’attention de Monsieur le Ministre de la Culture

Monsieur le Ministre,
Par la présente, je tiens à porter à votre connaissance une affaire de justice liée à la liberté d’expression et qui va mettre ma société en faillite. Je suis le fondateur des éditions du Léopard Masqué, le seul éditeur français qui prescrit le roman humoristique. Depuis 2004, je publie un certain nombre d’auteurs qui se veulent les fils spirituels de René Fallet, Pierre Dac, Jules Renard ou autre Frédéric Dard.
Tous les genres littéraires sont revisités à l’aune de l’humour : le thriller délirant, le roman historico-déconnant, la satire sociale ou politique, le pamphlet, la parodie, le pastiche.
Fort de ce positionnement, j’ai lancé une nouvelle collection en novembre 2008 : les aventures de Saint-Tin et son ami Lou, une série de romans parodiques retraçant les aventures du fils putatif de Tintin.
Un concept novateur
Une série de romans revisitant parodiquement les aventures d’un jeune journaliste, Saint-Tin et de son ami Lou, un perroquet sentencieux. Le garçon est-il le fils caché d’un célèbre reporter ? Il le croit et cherche une trace de cette filiation à travers le globe, accompagné d’acolytes fantasques et amusants, tels que le capitaine Aiglefin, éclusier de son état (d’ébriété), Alba Flore, la plume d’Anvers, ou encore les agents Yin et Yang… 25 romans délirants !

Historique

 

  • Novembre 2008 : sortie de « Le crado pince fort » et « Le vol des 714 Porcineys ».

  • Janvier 2009 : sortie de « L’oreille qui sait » et « La Lotus bleue ».

  • Février 2009 : descente de police armée chez l’imprimeur de l’éditeur et chez son diffuseur (Volumen – Le Seuil Lamartinière). L’ensemble des livres est mis sous scellés, les fichiers informatiques saisis – Ni éditeur, ni auteur ne seront prévenus officiellement avant 15 jours. Les ayants droit d’Hergé (Moulinsart S.A.) demandent l’interdiction de la série et la destruction de tous les stocks.

  • Avril 2009 : Procès – Attaque pour 1. Contrefaçon, 2. Plagiat, 3. Adaptation littéraire, 4. Parasitisme… Il s’agit de quatre romans parodiques, rappelons le.

  • Le juge demande 4 mois de délibéré pendant lesquels l’éditeur (Le Léopard Masqué) ne peut plus travailler.

  • Juillet 2009 : Verdict : La contrefaçon, le plagiat et l’adaptation littéraire sont déboutés. Le tribunal garde la notion de parasitisme et me condamne à 72 000 euros de dommages et intérêts tout en autorisant la série à continuer commercialement (sic).

  • Septembre 2009 : Les éditions Moulinsart menacent d’attaquer à chaque nouvelle parution.

  • Octobre 2009 : Je fais appel sur toute la décision.

  • Novembre 2009 : Je publie « Les Poils mystérieux » et « L’ire noire » en autocensurant les couvertures.

  • 18 Février 2010 : sortie du 8e opus de la série : « L’affaire tourne au sale ».

    Un combat pour le droit à la parodie
    Un droit fortement contesté par les héritiers et leurs avocats au point qu’ils m’envoient à présent les huissiers pour saisie de mes biens et bloquage de mes comptes. Je me vois donc contraint de déposer le bilan de ma société dans les semaines qui viennent.

  • PARODIE, PARASITISME, termes antinomiques !
    La parodie est un droit. La justice a reconnu la notion parodique pour la série des Saint-Tin. En outre, la parodie est par définition « parasitaire »… Comment dès lors me reconnaître comme parasite ?

Il est bon de savoir que des créateurs, des écrivains, aujourd’hui en France, peuvent voir « débarquer » des gendarmes avec les armes au poing pour interdire leur travail.
Je rappelle que seule une saisie-contrefaçon permet d’arrêter de manière aussi violente et radicale un créateur et l’empêcher de travailler pendant des mois… je souligne aussi que
cette attaque a été déboutée et que je n’ai eu droit à aucun recours pour faire valoir de ma part des dommages et intérêts (attaqué pour une chose, condamné pour une autre).
Si l’appel conforte la première instance,
c’est la parodie qui sera désormais interdite en France.
Monsieur le Ministre, je ne mets pas en cause la qualité de la justice mais force est de reconnaître que la lenteur de son administration favorise les mieux nantis. La société Moulinsart peut se permettre d’attendre des années le résultat de l’appel, ce n’est pas mon cas.
En souhaitant que vous mesurerez l’importance de ce combat pour le droit d’expression,

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma très haute considération.

Gordon ZOLA
Le Léopard Masqué

( 15 mars, 2010 )

Qumran – Eliette Abécassis (1996)

qumranabcassis.gifQu’y a-t-il au dessus ?
Qu’y a-t-il au-dessous ?
Qu’y avait-il avant le monde ?
Qu’y aura-t-il après ?
Talmud de Babylon


1947. Des manuscrits écrits par des scribes esséniens sont découverts dans des grottes, près de Qumran.
50 plus tard, un de ces manuscrits disparait et des victimes retrouvées crucifiées.
Et si ce témoignage, vieux de 2000 ans, était susceptible de remettre en cause tous les fondements de la chrétienté…
 » Qumran  » est un roman à ne surtout pas confondre avec le  » Da Vinci Code  » !!! Eliette Abécassis a écrit un un livre beaucoup moins  » grand public « . On devine l’énorme travail qui a été fourni en amont. La lecture est parfois ardue, il peut manquer parfois des références historiques, religieuses ou théologiques pour tout comprendre. Du coup, le lecteur (moi en l’occurrence ! ) a régulièrement la sensation d’être exclu et ne peut vivre pleinement l’intrigue.
Néanmoins, il est difficilement concevable de lâcher  le roman avant la fin tant on sent qu’il va se passer « un truc » !! Le coup de théâtre final est assez bluffant, même si, sur le coup, je n’ai pas tout de suite compris de quoi il retournait !! J’ai même encore un doute !!! Pour lever ce dernier, une seule solution, un seul mot d’ordre, lire la suite,  » Le Trésor du Temple » 
!!

 

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